La fintech ou finance technologique

Le terme fintech provient de la contraction des mots « financial » et « technology » - en français finance technologique. La fintech est utilisée pour décrire les nouvelles technologies et les startups technologiques cherchant à améliorer et à automatiser les prestations et l’utilisation des services financiers – en d’autres termes surperformer les acteurs traditionnels de la banque et de la finance grâce à de nouvelles modalités de fourniture de services financiers, de services de paiement, d’outils de gestion de portefeuille en ligne ainsi que des solutions de paiement sur mobile et des plateformes de financement participatif (crowdfunding). La fintech s’est rapidement développée depuis l’apparition de PayPal en 1998. Zoom sur tout ce qu’il y a à savoir sur la finance technologique.

La fintech ou finance technologique
Définition de la finance technologique

Le développement rapide des entreprises de fintech

Le développement rapide des entreprises de fintech

Cela fait plusieurs années que la fintech existe. Au départ, elle est utilisée pour aider les entreprises, les propriétaires d’entreprises et les consommateurs à mieux gérer leurs opérations, leurs processus et leurs vies financières en utilisant des logiciels et des algorithmes spécialisés, qui sont utilisés sur les ordinateurs et de plus en plus sur les appareils mobiles comme les smartphones et les tablettes.

Apparue vers la fin du 20e siècle avec le lancement de PayPal, la finance technologique s’appliquait initialement à la technologie utilisée dans les systèmes dorsaux des institutions financières établies. Depuis lors, on a assisté à une évolution rapide vers des services beaucoup plus orientés vers les consommateurs, et ainsi à une définition plus orientée vers ceux-ci. Aujourd’hui, la « Fintech » englobe différents secteurs et industries, comme la banque de détail, la collecte de fonds, l’éducation, les organismes à but non lucratif ainsi que la gestion des investissements.

Si les entreprises de la fintech existent depuis de nombreuses années, ce n’est que récemment qu’elles ont connu un important essor. Selon le cabinet Accenture, entreprise mondiale de conseil présente dans 120 pays, les investissements annuels dans les startups de la finance technologique sont passés de 928 millions de dollars en 2008 à près de 3 milliards de dollars en 2013, soit plus du triple. En 2020, la fintech pèse plus de 105 milliards de dollars en termes d’investissement.

Un environnement favorable à l’expansion

Le développement rapide de la fintech ces dernières années a été facilité et rendu possible par la combinaison de nombreux facteurs, dont les principaux sont les suivants :

  • Une certaine défiance et méfiance accrue par rapport aux banques traditionnelles après la crise des subprimes de 2008 ;
  • Un attrait croissant des particuliers pour les solutions numériques ;
  • Le renforcement de la règlementation financière entraînant une hausse des coûts de l’intermédiation rendant alors possible l’entrée de nouveaux acteurs sur le marché ;

Les évolutions technologiques dans le secteur de la gestion et du stockage de données avec la généralisation du « cloud » et de « l’open data » autorisant l’agrégation et l’exploitation de flux de données à grande échelle.

Des offres financières et bancaires diversifiées

Des offres financières et bancaires

L’univers financier a grandement évolué avec l’émergence des startups technologiques. Ces dernières proposent alors des services financiers ou bancaires pouvant être classés en trois catégories distinctes :

  • Les services de paiement ;
  • Les services d’investissement ;
  • Les services de financement.

Les services de paiement proposés par les fintechs

Le terme fintech s’applique aujourd’hui aux entreprises œuvrant dans la finance technologique, appelées alors « fintechs ». Avec l’évolution majeure de la technologie, elles ont compris la nécessité de revoir la grande standardisation des opérations et des coûts fixes importants pratiqués par les institutions financières et bancaires comme les banques de détail. Ces derniers constituent ainsi une cible idéale pour les acteurs numériques opérant avec des charges de structure et de personnel faibles. Ainsi, en liaison avec le développement rapide du commerce en ligne des années 2000, de nombreuses entreprises ont pu lancer de nouvelles offres en matière de paiement de détail pour un coût limité : prélèvement, virement, carte, transaction en ligne…

En France, vers la fin de 2015, on comptait 24 établissements de paiement agréés, tels que Paytop, Lemonway, Slimpay ou encore Hypay, contre seulement 3 en 2010, soit 8 fois plus en 5 ans. Mais leur part de marché reste modeste avec 25 milliards d’euros de flux de paiement traités en 2014 contre plus de 5 000 milliards d’euros de flux gérés par le système bancaire traditionnel. Outre-Atlantique, au pays de l’Oncle Sam, l’impact des solutions numériques sur les transactions bancaires n’étaient alors que de 1,1 % du marché des particuliers sur la même année.

La numérisation des services de paiement peut cependant revêtir d’autres formes, telles que les tiers prestataires de services de paiement qui sont généralement des plateformes intermédiaires entre les consommateurs et les commerçants, comme Paybox, Bluepaid, PayPal ou encore Payzen, leur permettant d’accepter des paiements en ligne, ou les agrégateurs proposant aux titulaires de plusieurs comptes d’en avoir une agrégée, de catégoriser leurs dépenses afin de visionner plus facilement les différents postes de leur budget et de leur fournir leur solde prévisionnel tous les mois. C’est le cas des plateformes Linxo et Bankin en France, de Money Dashboard en Angleterre ou de Tink en Suède.

Les services d’investissement proposés par la finance technologique

La finance technologique ne s’est pas limitée au développement de solutions numériques pour les services bancaires. Les startups technologiques ont aussi investi l’activité de négociation sur les marchés financiers à travers des firmes de négociation à haute fréquence, constituant aujourd’hui des acteurs incontournables du marché des actions avec environ 1/4 des volumes traités en Europe et près de 60 % aux États-Unis. Ces fintechs utilisent des algorithmes ayant un accès ultrarapide aux plateformes de transaction leur permettant ainsi de réaliser un nombre élevé d’opérations boursières de taille modeste à très brèves échéances pour multiplier les gains de faibles montants.

Les services de financement proposés par la fintech

La fintech propose des services de financement par l’intermédiaire des plateformes de crowdfunding – financement participatif. Celles-ci se sont rapidement développées pour permettre aux TPE, aux PME, aux ETI ainsi qu’aux startups d’avoir un financement alternatif au crédit bancaire classique, par exemple, et plus adapté à leurs besoins. Comme le rapporte le baromètre du crowdfunding en France en 2020, on dénombrait 205 plateformes de financements participatifs ayant collecté plus de 1 milliard d’euros de financement, soit +62 % par rapport à l’année précédente. Ces montants restent cependant marginaux par rapport aux crédits bancaires mobilisés : 1 200 milliards d’euros en février 2021.

De nouveaux risques pour la stabilité financière

De nouveaux risques pour la stabilité financière

Le développement de services numériques proposés par la finance technologique répond autant aux besoins des entreprises que des consommateurs, et permet de réaliser aussi bien des gains de productivité que de temps, mais également d’argent puisque les coûts sont moins importants par rapport aux services proposés par les institutions financières classiques. Cependant, il y a la face cachée qu’il ne faut pas négliger. En effet, la fintech recèle des risques en matière de cybercriminalité, de stabilité financière, mais également d’argent occulte.

Des risques relatifs à la cybercriminalité

Dans la mesure où les services proposés sont exclusivement sur Internet, les fintechs s’exposent particulièrement au risque de cybercriminalité. Il est vrai que la sécurité internet a également connu une certaine avancée depuis de nombreuses années, on n’est jamais à l’abri d’attaques : phishing, ransomware, etc. Les infractions provenant de réseaux informatiques à distance portent atteinte aux données gérées par les entreprises ainsi que leurs systèmes informatiques. Dans la mesure où les entreprises de la finance technologique sont généralement de petite structure, un tel risque peut porter préjudice à la continuité d’exploitation et par ricochet affecter les institutions bancaires classiques avec lesquelles elles entretiennent des relations de partenariat.

Des risques relatifs à la stabilité financière

Aujourd’hui, les parts de marché du financement participatif dans le financement de l’économie restent faibles. Cela signifie que le risque de crédit résultat de la disparition d’une ou de plusieurs plateformes de crowdfunding est minime, et le développement des fintechs ne génère pas d’inquiétude concernant la propagation d’un « risque systémique ». Par contre, si le financement participatif venait à prendre une place plus importante à l’avenir, les risques d’instabilité financière pourraient survenir.

Des risques relatifs à l’argent occulte

Du fait de leur petite taille ainsi que de leurs effectifs réduits, les startups technologiques ne sont pas très bien loties par rapport aux établissements bancaires classiques pour lutter contre l’utilisation frauduleuse de leurs services. Cela concerne particulièrement les questions relatives au blanchiment d’argent ainsi qu’au financement du terrorisme. Bien que des mesures de sécurité soient déjà appliquées, il faut dire qu’il peut toujours y avoir de l’argent occulte échappant aux mailles du filet.

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Résumé

Le terme fintech est un mot-valise issu de la contraction de « financial » et de « technology ». Il fait ainsi référence en français à la finance technologique dont les prémisses remontent à il y a vingtaine d’années avec le développement des infrastructures technologiques et l’émergence d’Internet. La fintech est utilisée pour qualifier les nouvelles technologies ainsi que les startups technologiques cherchant à améliorer et à automatiser les prestations ainsi que l’utilisation des services financiers. Les entreprises du secteur cherchent à surperformer les acteurs traditionnels de la banque et de la finance en proposant de nouvelles modalités de fourniture de services financiers, de solutions de paiement sur mobile ainsi que des plateformes de financement participatif, mais aussi des services d’investissement et des outils de gestion de portefeuille en ligne. La finance technologique s’est rapidement développée depuis le lancement de la plateforme de paiement en ligne PayPal en 1998.

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